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Culture de la corse

À l’époque romaine, l’île parlait un latin encore très proche de celui de la métropole (ce qui n’était déjà plus le cas de sa voisine la Sardaigne dont la langue s’est éloignée du latin dès l’Antiquité). Pour schématiser : on retiendra que la langue corse est une langue issue du bas latin et du toscan médiéval. Il s’agit d’un des 700 dialectes de l’italien actuel. Le dialecte corse est d’ailleurs un des plus proches de l’italien standard puisqu’il est dérivé du toscan (lui-même à la base de l’italien). Ceci fait que l’intercompréhension avec les Italiens est excellente mais que quelqu’un parlant corse comprend difficilement d’autres dialectes de l’italien comme le calabrais, le vénitien ou même le piémontais -et vice-versa. L’hymne corse «Dio vi salvi Regina» est d’ailleurs écrit en italien standard et chanté en corse sans que de grandes modifications soient perceptibles entre l’écrit et l’oral ; la seule différence est que le o italien devient u en corse (même dans le titre qui est parfois «Dìu vi salvi Regina»). Ce phénomène de l’interchangeabilité du u et du o n’est cependant pas un phénomène proprement corse puisqu’on le retrouve en sicilien etmême en portugais.

Elle a remplacé une langue vraisemblablement d’origine étrusque matinée de grec que les Romains décrivaient comme « barbare ». La langue corse actuelle a été influencée selon les micro-régions de l’île par le toscan au Nord tandis que l’extrême-sud restait soumis à l’influence du bas latin. Cela se révèle notamment dans la forme des pluriels masculins (issus du neutre latin dans l’extrême-sud) et dans la forme initiale de termes restés proches du latin tels u casgiu pour le fromage directement issu de caseus en latin[8]. Les linguistes décrivent ces différentes variétés comme une forme de polynomie. Les différentes variétés sont intercommunicantes mais variées. La langue corse est le véhicule de la culture corse, riche de ses chants, ses polyphonies, ses proverbes, et de ses expressions.

Elle est l’objet de nombreuses revendications concernant sa protection, son enseignement. L’État affiche une volonté politique de promouvoir l’enseignement de la langue et de la culture corse. Il a mis en place un enseignement facultatif d’un maximum de 2h par semaine, géré par les maîtres dans le primaire. Ces mesures sont vues par certains comme trop faibles, comparées à ce qui est fait en Espagne pour le catalan et le basque par exemple.

La langue corse est considérée par l’Unesco comme une langue en voie de disparition, de même que 90% des langues de la planète. On estime d’ailleurs depuis 2006 que la langue corse, ainsi que certaines langues italiques tels que le sicilien, le calabrais, le vénitien, est l’une des plus proches du bas-latin tel qu’il fut parlé à l’aube du moyen âge. Elle est, notamment pour sa variante du nord, extrêmement similaire aux dialectes du centre de l’Italie (Toscane, Ombrie etc.) et elle est aisément compréhensible par les Italiens, notamment pour ceux de l’Italie centrale. Parfois elle est considérée, à tort, comme un patois italien en raison de la similarité des deux langues; elles sont en fait intercommunicantes. Il est donc normal que les noms de familles corses puissent être trouvés un peu partout en Italie et notamment dans les régions centrales de la péninsule. Autrefois langue orale, mélange d’origines latine, italienne, elle est actuellement codifiée et structurée par l’Université de Corte (Università Pasquale Paoli di Corti) et défendue par de nombreuses associations insulaires. Elle doit son statut de langue au fait paradoxal que la Corse fait partie de la France et est donc séparée des autres dialectes italiens. En effet en Italie les dialectes régionaux n’ont pas le statut officiel de langue. Son unicité à l’intérieur de l’espace linguistique français l’isole, ce qui ne serait bien évidemment pas le cas en Italie.

Langue corse Croyances et superstitions

L’Ochju (Le mauvais œil)
L’Ochju (l’œil) est un sort jeté sur une victime. Il est aussi l’œil qui produit l’huile dans l’eau, cette huile qui va permettre de lever le sort. Ces sentiments troubles et dangereux qui ont sur la victime des effets néfastes ne sont pas forcément conscients ou volontaires. On peut malgré soi jeter le mauvais œil. C’est pourquoi lorsqu’on fait l’éloge de quelqu’un, qu’on le complimente sur sa santé ou sa beauté, on doit en même temps « faire les cornes » ou bien ajouter : « Chì Diu u benedica » (Que dieu le bénisse !), car les éloges et les compliments peuvent cacher une envie ou une jalousie secrètes, et véhiculer par là même la malignité qui fait le mauvais œil.

Les enfants qui sont tout particulièrement exposés à doctape et ces dangers, portent à leur cou des protections magiques : petits scapulaires contenant des substances aux vertus efficaces, telles que le sel, le corail, les fragments de cierges bénits (notamment celui de la Chandeleur).

L’annuchjatura (appelée aussi selon les régions, mal’ochju, ghjustrata, acciacatura, mazzulata, etc.) se manifeste par des symptômes précis : maux de tête violents, fièvre, nausées, lassitude, etc., tous aussi inexplicables les uns que les autres. On ne saurait rattacher ces malaises à des causes « normales » ou connues. Ils apparaissent de manière soudaine sans que rien n’ait pu les laisser présager. D’ailleurs, ces symptômes disparaissent comme ils sont venus.

Au cours d’un rituel bien définis et de prières se référant notamment à la Vierge Marie (sorte d’exorcisme), a Signatora enlève le mauvais œil et éloigne le sort grâce à des incantations prononcées au-dessus d’une soucoupe dans laquelle ont été mêlées huile et eau. Selon les dessins formés par les yeux de l’huile, la signadora réussit à conjurer le sort ou à supprimer une maladie. Aujourd’hui, cette coutume ancienne, qui semble reprendre, est utilisée en direction des nouveau-nés mais également contre les brûlures et les vers implantés sous la peau.

Le mauvais sort était souvent jeté par celui que l’on désignait comme un mazzeru (celui qui frappe du verbe ammazzà) aussi nommé dans l’extrême sud l’acciacatori (du verbe acciaccà frapper, assommer). Le mazzeru était selon les endroits actif (il jetait des sorts) ou passif (par ses visions oniriques, il connaissait l’avenir).

Ce même rituel peut se dérouler de manière différente. Cette fois, a Signatora fait le signe de croix sur la tête ou la main de la personne souffrant de l’ochju en récitant une prière à la Vierge sans que la personne ne l’entende. Plus le mal est grand et plus a Signatora va bâiller intensément afin d’évacuer le mauvais sort. Si ce dernier est trop important, la personne doit répéter le rituel avec d’autres Signatore, le nombre de Signatore devant toujours être impair, tout comme le nombre de prière au cours du rituel.

Ces prières peuvent être transmises, mais uniquement un jour précis de l’année et à une heure bien définie. La personne désirant apprendre ces prières ne peut les entendre que le soir du 24 décembre à minuit de la part d’un même Signatoru.

Cliché populaire

Le cliché du Corse fainéant est très développé sur le continent. Il vient du fait qu’autrefois, le Corse cultivait uniquement le lopin de terre nécessaire à se nourrir et à nourrir sa famille. Les Génois, ne comprenant pas que tout le terrain ne soit pas cultivé pour l’alimentation locale mais aussi pour la revente, ont alors créé et colporté ce mythe du Corse fainéant. Le Corse est aussi souvent perçu comme quelqu’un de dur au « tempérament méditerranéen » rassemblant ainsi tous les clichés dont font l’objet les populations du Sud comme les Napolitains ou les Siciliens. On essaye aussi de coller un caractère Sicilien, « baroque » ou « théatral » aux Corses alors que c’est l’inverse, il y a un caractère « classique » qui consiste à cacher ses sentiments et qui prédomine sur l’île.

Le mazzérisme

Le mazzérisme est un don hypothétique de prophétie funèbre exercé la nuit par des individus pendant la période des rêves. Au cours de cette activité, le mazzeru part chasser et tuer des animaux. On le surnomme « le Chasseur d’âmes » ou encore « le Messager de la Mort ». Attention, certains auteurs pensent que le « mazzérisme » est … une invention de romanciers et n’a jamais existé en Corse. Cf : Ethnologie Française / n° 115 2008/3 / De quelques monstres anthropologiques insulaires / Bernard Biancarelli Christine Bonardi

Chants et polyphonies
Chant corse.
Alte Voce
A Filetta
A Ricuccata
Barbara Furtuna
Canta U Populu Corsu
Antoine Ciosi
Charles Rocchi
Diana di l’Alba
Eric Mattei
Felì
Giramondu
I Chjami Aghjalesi
I Campagnoli
I Cantelli
I Mantini
I Messageri
I Muvrini
I Voci di A Gravona
Jacky Micaelli
Josephina avec différents chanteurs corses et en solo
L’Arcusgi
Luc Vico
Orizonte
Patrizia Gattaceca en solo

Petru Guelfucci
Regina et Bruno
Soledonna
santavuglia
Surghjenti
Svegliu d’Isula
Tony Toga
U Fiatu Muntese

U Meridianu
Vaghjime
Vitalba
Voce Ventu
Zamballarana

Sportifs professionnels

Mathieu Flamini, originaire de Guagno
Ludovic Giuly, originaire de Zalana
Sébastien Squillaci, originaire de Ghisonaccia
François Modesto, né à Bastia
François Bracci, né à Calcatoggio
Pascal Olmeta, né à Bastia

Écrivains

Écrivains en langue française

Roger Caratini, auteur de la Bordas Encyclopédie
Jean-Toussaint Desanti, philosophe, auteur de « Les idéalités mathématiques »
Paul Antonietti, auteur de I. F. F. (I Francesi Fora), [Une plongée sans concession au cœur du problème corse… et français.] ;
Jérôme Ferrari ;
Pierre Piobb ;
Marie Susini ;
Angelo Rinaldi ;
Jean-Claude Rogliano ;

Paul Milleliri ;
Marie Ferranti
Paul-François Paoli

Gabriel Xavier Culioli, auteur de la Terre des Seigneurs, Le Complexe corse, Terres de Corse, Les Pierres de l’apocalypse, Le Chant des Saisons, Le Grand Voyage, Légendaire corse ;
Sébastien Japrisot (Jean-Baptiste Rossi), auteur de L’Été meurtrier, Compartiment tueurs, Un long dimanche de fiançaille, etc. ;
Michel Zevaco, auteur de romans de cap et d’épées dont la série des Pardaillan ;
Dominique Sampieri, auteur de Les Chataigniers de Bocognano, La Faux et le fusil ;
Jeanne-Hélène Sampieri, auteur de À propos d’Ajaccio… ;
Marie-Josée Cesarini-Dasso, L’Univers criminel féminin en Corse au XVIIIe siècle, Brigida Médecin au XVIIe siècle, La Bandite
Michel Ferracci-Porri, auteur de La Môme Moineau, Beaux Ténèbres, La Pulsion du Mal d’Eugène Weidmann.
Daniel Istria, auteur de Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse XIe à XIVe siècle
*Evelyne Luciani, Louis Belgodere, Dominique Taddei, auteurs de Trois prêtres Balanins au cœur de la révolution Corse.

Écrivains en langue corse

Ugo Peretti,
Paulu Matteu Della Foata,
Anton Liunardu Massiani,
Santu Casanova,
Sebastianu Dalzeto,
Anton’ Francescu Filippini,
Petru Rocca,
Marco Angeli,
Rinatu Coti,
Ghjacumu Fusina,

Ghjacumu Thiers,
Ghjacumu Biancarelli,
Marcu Biancarelli,
Paulu Desanti,
Ghjuvan Luigi Moracchini,

Alain Di Meglio,
Ghjuvan Maria Comiti,

Michel Poli,
Ghjuvan Ghjaseppu Franchi,

GhjuvanTeramu Rocchi
Prete Gentili Anghjulu-Stefanu
Ghjuvan Petru Lucciardi
Domenico Carlotti (Martinu Appinzapalu)
Bertino Poli
Mezzadri Ange-Mathieu
Marcu Biancarelli

Écrivains en langue italienne

Guglielmo Guglielmi
Petru Giovacchini
Salvatore Viale
Il existe des écrivains en langue corse, notamment depuis le XIXe siècle, alors que jusqu’alors il avait plutôt existé une littérature corse en italien très importante. L’italien en Corse comme dans les autres régions italiennes était la langue écrite par les lettres et cela jusqu’à la conquête française.

Écrivains en langue corse et français

Prete Gentili (Anghjulu-stefanu) Marta Renucci Cristofini Antoine Trojani d’Asco a écrit de nombreux livres en Corse et en Français dont une histoire du « Sage d’Asco »

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